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Historique de la ligne

  La ligne du Blanc-Argent (BA) a fait l’objet de nombreuses discussions et tergiversations sur son tracé
  avant son ouverture :
  - 1868 : 1er projet Gièvres – le Blanc visant à désenclaver une vaste zone alors dépourvue de voies
  ferrées.
  - 1872 :
la Cie de Bressuire à Poitiers est désignée pour la construction et l’exploitation d’une ligne
  Gièvres – Le Blanc prenant en compte les insuffisances du réseau ferroviaire constatées pendant la
  guerre de 1870 (double voie normale !)
  - 1878 : intégration au sein du réseau de l’Etat suite à la faillite de
la Cie de Bressuire à Poitiers avec
  un tracé Vierzon – Le Blanc.
  - 1879 : classement sous le n° 92 du plan Freycinet avec tracé par Gièvres et prolongement sur Salbris
  et Argent.
  - 1883 : la ligne passe dans le domaine du PO suite à la redistribution des concessions dans un souci
  de cohérence des réseaux. Elle est désormais prévue à voie unique par souci d’économie.
  - 1890 :
la Cie du PO ne manifestant aucun enthousiasme pour construire cette ligne, les élus locaux
  obtiennent l’autorisation de l’établir en voie métrique afin d’en diminuer le coût et donc d’en obtenir enfin
  la construction.
  - 1893 : modification de la concession au PO, l’écartement métrique est acté. Le PO ne voulant pas
  s’encombrer d’une ligne à voie étroite en attribue la construction et l’exploitation à
la Société Faugère
  et Chatelin déjà concessionnaire du réseau de l’Anjou et de la ligne de Bordeaux à Cadillac.
  Désaccords locaux persistants sur le tracé entre Romorantin et Valençay… Les acquisitions de terrain
  ont enfin lieu en 1898.
  Les travaux commencent en 1899 et la ligne est ouverte comme suit sur
191 km
:

  • Salbris-Romorantin : 26.12.1901

  • Salbris-Argent : 15.05.1902

  • Romorantin-Ecueillé : 6.11.1902

  • Ecueillé-Le Blanc : 17.11.1902

  La Cie du Chemin de Fer du Blanc à Argent ne sera effectivement constituée que le 24 juin 1906 !
  Plusieurs lignes à voie métrique aujourd’hui toutes disparues viendront s’y greffer : SE Allier à Argent
  vers La Guerche, TL à Brinon vers Orléans, TLC à Romorantin vers Neung sur Beuvron, TI à Valençay
  vers Châteauroux et au Blanc vers Argenton, CFD à Ecueillé vers Loches. Tous ces réseaux ont à
  l’époque formé un extraordinaire ensemble à voie métrique de plus de 1000 kilomètres !
  La ligne du BA est construite avec soin, armée de rails à double champignon de 25 kg/m , les courbes
  ne descendent pas en dessous de 150 mètres de rayon et les déclivités maximales sont de 15 mm/m.
  Les gares bénéficient de bâtiments classiques à halle accolée mais ayant fait l’objet d’un traitement
  architectural soigné et propre à la ligne : chaînages d’angle et encadrements en briques en Sologne ou
  en tuffeau en Berry, bandeaux décoratifs en céramique de couleur à fleurs, feuilles et fruits de
  marronniers, sans parler de l’exceptionnel bâtiment de Valençay de style « néo Renaissance » financé
  par le duc de Talleyrand (architecte F. Houssin).
  Le matériel d’origine est semblable à celui du réseau de l’Anjou et comprend 16 locomotives 030T de 20
  tonnes construites pour les 8 premières par les ANF à Blanc-Misseron et par Buffaud et Robatel à Lyon
  pour les 8 suivantes, 56 voitures à 2 essieux et portières latérales, 14 fourgons à bagages et plus de
  200 wagons couverts, plats et tombereaux tous construits par les ANF.
  Par la suite s’y ajoutera du matériel supplémentaire construit par Carel et Fouché, Dyle et Bacalan ou
  en provenance du réseau SE de l’Allier, du RB ou du POC.
  4 locomotives de 3 types viendront renforcer le parc d’origine et 5 locotracteurs à partir de 1950.
  Le premier autorail un Renault RS 4 est mis en service dès 1924 (c’est un échec), suivront à partir de
  1936 23 autres appareils plus fiables de provenances très diverse construits par De Dion (type JA/JM ex
  Loiret, MZ ex Ain et OC2 ex RB), Billard (A 80D ex CFD) et SCF Verney (type CBA conçu spécialement
  pour la ligne) ; furent également utilisées 6 remorques.
  La ligne fit l’objet d’une diésélisation complète dès 1954, ce qui contribua certainement à son maintien,
  mais tout le matériel d’origine « vapeur » fut ferraillé (hormis les wagons), malheureusement trop tôt pour
  que quelques pièces puissent être préservées…
  La ligne échappe à la fermeture totale à plusieurs reprises dans les années 50, 60 et 80 mais connaît
  malgré tout de sévères amputations :
  - La section Salbris-Argent fut fermée dès 1939 aux voyageurs et complètement en 1973.
  - Buzançais-Le Blanc : fermeture totale le 1.11.53.
  - Luçay-Buzançais : fermeture voyageurs le 26.09.80, marchandises le 31.12.88.
  En 1983, 2 autorails neufs CFD Socofer et la rénovation complète de 4 autorails Verney marque un
  début de modernisation du service.
  La régionalisation a ensuite permis d’engager des travaux importants de rénovation en grand partie
  financés par
la Région Centre: modernisation progressive de la voie (remplacement des rails d’origine par
  des rails lourds de 60 kg/m, soudure de rails, ballastage lourd de certaines sections, automatisation de
  passages à niveau, renouvellement des aiguillages), réhabilitation des gares et renforcement du service.
  La livraison des 5 autorails X 73500 à partir de 2003 d’un niveau d’équipement jamais connu encore sur
  la ligne en est le signe le plus visible.

LA SABA

  En 1988, la fermeture imminente de la section Luçay-Buzançais ne laisse pas indifférentes quelques
  personnes de la région qui décident de fonder une association afin de tenter de préserver un des ultimes
  vestiges des anciennes lignes métriques rurales demeuré dans son état quasiment d’origine. C’est ainsi
  que naît en 1989 la Société pour l’Animation du Blanc Argent (SABA).

  La première action de la SABA sera d’éviter le déferrement de la ligne en présentant aux élus locaux un
  projet de sauvegarde tourné vers une mise en valeur touristique de la région et valorisant l’intérêt de la
  ligne sur le plan du patrimoine ferroviaire.
  Rapidement toutefois, la SABA doit abandonner l’idée d’accéder à Buzançais, la décision ayant été
  prise par la Région Centre de transformer la section Argy-Buzançais pour la voie normale afin de
  desservir un important silo à céréales.
  L’action de la SABA aboutit à la reconnaissance de l’intérêt certain de la ligne sur le plan du patrimoine,
  reconnaissance concrétisée par l’inscription à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques le
  18 janvier 1993 de l’ensemble des bâtiments de Luçay à Argy, ainsi que de la section de ligne Luçay –
  Ecueillé. La gare de Valençay est également protégée à cette occasion. C’est le plus important
  ensemble ferroviaire protégé existant à ce jour en France.
  La dépose de la ligne est évitée, reste à la faire revivre…
  Les premiers travaux de débroussaillage sont entrepris dès 1991 et vont se poursuivre jusqu’en 2000,
  année où la gare d’Argy sera à nouveau accessible ! Parallèlement, il a fallu trouver du matériel roulant,
  le transporter et le remettre progressivement en état.
  En 1995, un syndicat intercommunal achète les emprises et confie à la SABA l’exploitation du futur
  train touristique qui prend le nom de Train du Bas-Berry (TBB) en référence à sa situation géographique
  (le département de l’Indre est l’ancien Bas-Berry).
  Après plus de 10 années d’efforts, l’autorisation préfectorale d’exploiter le train touristique entre Ecueillé
  et La Foulquetière a été obtenue le 14.08.2003 et l’exploitation y a commencé le 24.08.2003.
  L’exploitation a été étendue au tronçon Ecueillé – Heugnes en 2004 et à l’ensemble de la ligne en 2005.
  Le fort soutien apporté par le SIVU au projet a permis de réaliser d’importants travaux de remise à niveau
  de l’infrastructure en 2004 et 2005 (remplacement de 4500 traverses, pose de coins neufs, réfection de
  3 PN), de réfection des toitures des bâtiments et de construction de la superbe remise-atelier d’Ecueillé
  dont les volumes sont inspirés de l’ancien atelier des Tramways de l’Indre de Vatan. Une deuxième
  tranche de travaux est en cours de montage dans le cadre d’un important projet de développement
  touristique de la région afin de redonner à la ligne sa pleine capacité à voir circuler des trains de
  voyageurs, y compris en traction vapeur dont le retour à court terme a été décidé, tout en préservant
  soigneusement son ambiance d’origine si particulière. La voie est désormais libre pour le TBB.

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